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27.11.18 Le Palais Idéal du Facteur Cheval (26) : une folle histoire peut commencer grâce à une simple pierre

Le Palais Idéal du Facteur Cheval (26) : une folle histoire peut commencer grâce à une simple pierre

Monument d'art brut unique en son genre, le Palais Idéal du Facteur Cheval, situé dans la Drôme a été construit par le facteur Ferdinand Cheval en 1912. Il lui a fallu (seulement !) 33 années de labeur solitaire pour édifier le palais de ses rêves au cœur du village d’Hauterives, grâce à des pierres locales qu'il trouvait sur la route durant ses tournées de facteur. Influencé par les cartes postales qu'il distribuait, les magazines qu’il feuilletait et par sa philosophie humaniste, il a édifié un site qui accueille aujourd’hui plus de 165 000 visiteurs chaque année !
 

De la pierre d’achoppement au palais idéal

Il arrive que certains réalisent leur rêve et passent à la postérité. C’est le cas de Ferdinand Cheval qui a bâti sans l’aide de quiconque, son propre palais en pierres. Son aventure ? Nous allons vous la raconter…

« C'est l'histoire d'un facteur d'une petite commune du nord de la Drôme, qui un jour, lors d’une de ses tournées, trébucha sur une pierre, une pierre pas comme les autres... », raconte Florence Cothonay, adjointe au patrimoine pour le Palais Idéal du Facteur Cheval. Une pierre tellement surprenante qu’il décida de la ramasser, de la mettre dans sa poche avec l’envie de l’examiner plus tard chez lui. « Je marchais très vite, lorsque mon pied accrocha quelque chose… et j’ai voulu en connaître la cause », expliqua Ferdinand Cheval. Dès le lendemain, au même endroit, il remarqua d’autres pierres avec des formes encore plus singulières que la précédente, et selon lui, bien plus belles… Ferdinand était étonné de leurs formes si particulières puisqu’elles étaient façonnées par l’eau et décida qu’elles deviendraient les premières pierres « créatrices » de ce palais. Il les nomma donc « les pierres d’achoppement » et en accumula ainsi une très grande quantité. « Puisque la nature veut faire la sculpture, je ferai la maçonnerie et l’architecture », disait-il. Et c’est à partir de cette simple phrase et de cette simple pierre que l’histoire commença. L’histoire folle d’un facteur qui rêvait de se construire un palais imaginaire, de faire de son rêve une réalité sans même avoir de connaissances particulières en art et/ou en architecture… Simplement des images en tête et des souvenirs de monuments représentés sur les cartes postales qu’il distribuait à l’époque, pendant sa tournée.

 

La pierre d’achoppement qui a servi de base pour la construction du Palais idéal
 

« Un idiot qui remplit son jardin de pierres »

Pour les habitants du village, Ferdinand Cheval n’était qu’un « pauvre fou », « un idiot qui remplissait son jardin de pierres ». Et pourtant, personne ne se doutait une seule seconde que c’est un véritable chef d’œuvre qu’il réalisait ! Finalement, cet « incident » deviendra une véritable révélation pour Ferdinand qui consacrera désormais tout son temps libre à faire sortir de terre, le monument de ses songes. « A partir de ce moment-là, je n'eus plus de repos matin et soir. » Chaque jour, après avoir terminé sa tournée, « il revenait muni de sa compagne de peine, sa brouette, pour ramasser les pierres qu'il déplaçait et qu’il entassait à côté, sur le petit terrain qu'il avait acheté quelques mois plus tôt à Hauterives », relate Florence Cothonay. Même la nuit, grâce à la lueur d’une lampe à pétrole, Ferdinand Cheval était sur tous les fronts. Il creusait les fondations de son palais et commençait à associer les pierres ramassées avec du ciment pour en faire la matière.

Ferdinand Cheval dit le Facteur Cheval (1836 / 1924)
 

Toutes les pierres locales représentées

Si l’origine des pierres lui importait peu, en observant l’édifice on constate que toutes les variétés des minéraux locaux sont représentées : pierres de molasse, tuf, grès, quartz noir, silex, galets… et chacune d’entre elle donne cet aspect unique à l’ouvrage. Ferdinand se faisait même envoyer des colis remplis de coquillages par un de ses neveux vivant à Marseille afin d’en orner son monument qui évoque aux yeux de bon nombre de visiteurs, le temple d'Angkor au Cambodge. Mais l’imposant palais, de plus de 26 mètres de longueur et 12 mètres de hauteur, possède un style singulier, un mélange très personnel de différents styles architecturaux : personnages mythologiques, colonnes, cascades, tombeau égyptien, mosquée, biches, pieuvres, oiseaux et éléphants... « Est-on en Inde, en Orient, en Chine, en Suisse, on ne sait, car les styles de tous les pays et de tous les temps sont confondus et entremêlés », a-t-il écrit dans un texte autobiographique rédigé en 1911. Et Florence Cothonay ajoute : « son inspiration provenait de la nature qu’il voyait tous les jours pendant ses tournées, mais aussi des cartes postales illustrées de paysages qu’il distribuait. » Percé de galeries et paré d'escaliers en colimaçon, cet édifice inhabitable a été également bâti sur un caveau souterrain dans lequel Ferdinand souhaitait être enterré.

 

Palais Idéal du Facteur Cheval, Hauterives (Drôme)

 

A partir d’un rêve fou, cet homme a réussi à bâtir de ses propres mains, un palais des merveilles, devenu aujourd’hui une référence mondiale qui accueille chaque année 165 000 visiteurs ! Et cette incroyable aventure vient d’être portée à l’écran par Nils Tavernier, dans un film qui sortira le 16 janvier prochain au cinéma. Comme quoi, une folle histoire peut commencer grâce à une simple pierre…

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