Grâce à la pierre et le béton, les poissons du Grand Est nagent dans le bonheur

Grâce à la pierre et le béton, les poissons du Grand Est nagent dans le bonheur

Être comme un poisson dans l’eau… L’expression est si parlante ! Pourtant, l’eau ne serait pas le seul élément qui rend Polochon, Nemo ou encore Bubulle aussi à l’aise dans leur environnement. Le minéral joue effectivement un rôle essentiel sur le bien-être et la survie de nos amis nageurs. Pour mieux comprendre comment et pourquoi : direction le Grand Est pour une plongée dans les fleuves, rivières et gravières de la région… des eaux particulièrement appréciées des petits et gros poissons !

 

Dans le Rhin et ses affluents, dans les mares et les étangs, les poissons d’eau douce mènent la belle vie. À y regarder de plus près, le minéral n’est jamais bien loin et serait même recherché par les truites et autres saumons, que ce soit à l’état naturel sous forme de graviers, ou de manière plus artificielle avec les passes à poissons constituées de béton. Chaussez vos palmes et vos tubas, nous vous emmenons découvrir les fonds aquatiques de la région Grand Est.

 

Le béton, pierre angulaire de deux plus grandes passes à poissons d’Europe

 

Une passe à poissons : à quoi ça sert ?

Remarquable par sa longueur et son débit, le Rhin est le seul fleuve de France coulant du sud vers le nord. Afin de permettre aux saumons, truites de mer et anguilles de remonter facilement le fleuve franco-allemand, indispensable à leur cycle biologique, des passes sont installées le long du fleuve pour les aider à passer la chute d’eau formée par les barrages et franchir plus facilement les centrales hydroélectriques. Les passes à poissons sont donc de véritables corridors écologiques et jouent un rôle clé dans le maintien de la biodiversité.

 

Rhinau et Marckolsheim : des projets hors-normes

En Alsace, 2 chantiers de très grande envergure sont en cours de réalisation autour des barrages de Rhinau et Marckolsheim. L’ambition de ces projets à 80 millions d’euros : réaliser des passes à poissons, parmi les plus grandes d’Europe. Officiellement lancés en octobre 2021, les travaux s’étendent sur 3 ans en moyenne. À Rhinau, la mise en service est prévue en 2025, en 2026 à Marckolsheim.

 

Passes à poissons : jamais sans mon béton

Les travaux réalisés à Rhinau et Marckolsheim relèvent d’une grande technicité et d’une grande spécificité. Et c’est le béton qui a été choisi pour construire les 1 000 mètres de cheminement piscicole. Les passes à poissons divisent la chute totale formée par les barrages en plusieurs petites chutes. Ainsi, les poissons bénéficient d’une sorte d’escalier en béton où la marche entre chaque bassin est adaptée à leur capacité de nage. On compte donc 13 mètres de dénivelé, soit 20 cm de chute entre chacun des 90 bassins.

Au total, 21 000 m3 de béton sont utilisés pour réaliser ces ouvrages, associés à 7 200 tonnes d’acier et 70 000 m3 de déblais. Solidité, résistance et neutralité chimique : les qualités du béton en font un matériau clé dans les aménagements fluviaux depuis longtemps. On peut le dire, le béton est comme un poisson… dans l’eau !

 

Un système qui commence à couler de source

Le projet des passes à poissons de Rhinau et Marckolsheim s’ajoute aux 6 autres déjà construites sur le Rhin. À chaque fois, les projets vont de pair avec une ambition forte au service de la biodiversité. Certaines passes à poissons ont même déjà démontré leur pertinence. C’est le cas de celles d’Iffezheim construite en 2000, de Gambsheim réalisée en 2006 ou encore des plus récentes à Strasbourg (Rohrschollen) en 2016 et de Gerstheim en 2019.

Des passes à poissons ont aussi été construites avec le même objectif sur le Vieux-Rhin, au niveau de Brisach, ou plus en amont au niveau de Kembs. À chaque fois, le béton permet de mettre en œuvre ces astucieux systèmes de franchissement.

 

 

Comme un poisson dans l’eau des gravières du Grand Est

 

Une gravière : quèsaco ?

À l’origine, une gravière est une carrière produisant des granulats. On la retrouve dans des vallées où la nappe phréatique va être mise au contact de l’air par le processus d’excavation. Elle se remplit donc naturellement pour constituer un plan d’eau. En raison de sa charge minérale et parfois de la présence d’un plancton particulier, son eau est particulièrement bleue turquoise.

 

La gravière, championne de la biodiversité

Depuis la fin des années 90, la seconde vie des gravières est davantage pensée pour préserver et enrichir la biodiversité. La préservation de l’environnement fait partie de la vie de l’exploitation depuis l’amont jusqu’à sa restitution finale, à l’issue de l’exploitation. Les différentes parties prenantes veillent à réunir les meilleures conditions de réaménagement en fin d’exploitation pour maintenir et préserver l’accueil de la faune et de la flore. La richesse écologique d’une gravière dépend beaucoup de la qualité de son eau, du profil des berges, de la sinuosité de la rive et de la présence de pièces d’eau déconnectées du plan d’eau principal. Lors du réaménagement des travaux de génie écologique sont réalisés pour permettre la création d’une multitude de biotopes que les poissons sauront apprécier.

Aujourd’hui, beaucoup d’anciennes gravières sont utilisées comme zones écologiques.

 

Les gravières du Grand Est, chouchoutes des poissons

Saviez-vous que le deuxième spot de plongée de France est aussi une ancienne gravière, dite Gravière du Fort ? Situé à Holtzheim, le site jouit des particularités géologiques de la plaine du Rhin où se libère la nappe phréatique. Associations et club de plongée de la région ont profité de cette merveille naturelle pour travailler à sa renaturation et la transformer en réserve de biodiversité. Un inventaire a pu y révéler un biotope enrichi de nouvelles espèces.

Destinée à construire la quatre voies de la RN83 entre 1969 et 1980, la gravière d’Osthouse nommée gravière RN83 fait elle aussi le bonheur de nombreux brochets, carpes, perches, poissons blancs et silures. Le réaménagement de ses abords a permis la création d’un agréable lieu de pêche et d’observation de la biodiversité.

Un autre ancien site d’extraction, l’étang Alex, est quant à lui désormais entièrement dédié à l’élevage des truites.

Enfin, si vous prenez la direction de Plobsheim, faites un tour à la gravière devenue un bio-site. Si elle n’a bénéficié d’aucun empoissonnement, l’anguille européenne, une espèce aujourd’hui protégée, y a pourtant trouvé refuge. Elle y côtoie l’utriculaire vulgaire, plante carnivore, autre espèce protégée.

Enfin, les gravières peuvent accueillir ponctuellement des activités de pisciculture en lien avec des associations dédiées.

 

 

Et les graviers de nos aquariums ?

 

Mais au fait, pourquoi mettre des cailloux au fond des aquariums ?  

S’ils participent à l’esthétique de votre vitrine à poissons, les graviers ont bien d’autres pouvoirs. Grâce au quartz qu’ils contiennent, ils garantissent confort et sécurité aux poissons comme aux plantes qui les entourent. Ils contribuent notamment à maintenir le pH de l’eau. En effet, ils permettent aux racines d’absorber plus facilement les nutriments de l’eau qui circulent dans le substrat… et ainsi d’oxygéner et purifier naturellement l’eau. Idéal pour élever poissons d’eau douces et invertébrés.

 

Et d’où viennent-ils ?

Généralement issus de la mer ou des rivières, les graviers sont essentiellement composés de grès, de calcaire, de quartz ou de granit. Cette variété minérale permet d’offrir un large choix de tailles, de couleurs et de formes. Gravier presque aussi fin que du sable ou galets, à chaque aquariophiles sa pierre préférée.

 

 

Dans le milieu très confiné de l’aquarium comme dans le puissant débit d’un fleuve ou les profondeurs d’une gravière, les poissons, les pierres et le béton coulent des jours heureux !

 

Crédits Photos : 

© Radio France Daniel Morin

© Pixabay

 

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