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05.10.16 Petite histoire des immeubles Haussmanniens

Petite histoire des immeubles Haussmanniens

Qui dit Paris, dit immeubles haussmanniens ! Prestigieux avec leur pierre de taille en façade, ils donnent un style unique à la ville lumière, que nous envient les autres capitales européennes. Petite histoire d’une architecture qui ne doit absolument rien au hasard !

Tout a commencé de l’autre côté de la Manche, à Londres… Lors d’un voyage dans la capitale anglaise, Napoléon III tomba sous le charme de cette ville, pleine de modernité et d’élégance. A son retour en France, il décida de faire de même avec Paris… en mieux ! Pas question de copier, il veut donner un nouveau souffle à la capitale, la faire rayonner et cela doit passer par un réaménagement complet du territoire, des innovations et un nouveau style architectural, unique et reconnaissable entre tous.

Un projet grandiose mené entre 1852 et 1970 par la Baron Eugène Haussmann. Grands boulevards,  parcs, égouts, transports, assainissement… Paris entre dans une nouvelle ère.

A quoi reconnaît-on les immeubles haussmanniens ?

Les immeubles bâtis pendant cette période suivaient un cahier des charges extrêmement précis afin d’homogénéiser le paysage…. ne laissant que très peu de place à la créativité des architectes.

Les façades des immeubles de style haussmanniens sont en pierre de taille, un matériau noble qui impose élégance et noblesse.  
Toujours dans un souci d’unité, la taille des immeubles devait être proportionnelle à la largeur de la rue, variant de 12 à 20 mètres.

Autre caractéristique : les immeubles haussmanniens comptent 6 étages, pas plus pas moins, et chacun à un rôle bien défini :

  • Le 1er étage (ou « entresol ») loge les propriétaires des commerces et boutiques installées au-rez-de-chaussée, ou abrite les stocks.
  • Le 2ème étage est appelé l’étage noble puisqu’il est réservé aux familles les plus riches. Les ascenseurs  ne datant que de 1870, il ne fallait pas qu’ils s’essoufflent en montant les marches. La hauteur sous plafond est plus généreuse que celle des autres étages,  les ornements plus travaillés au niveau de la façade, le balcon systématique.
  • Les 3ème et 4ème étages ont des encadrements de fenêtres moins fournis, pas de balcon à l’origine mais certains ont été installés plus tard suite à la modification de la loi Haussmann.
  • Le 5ème étage n’est pas « noble » mais possède un balcon filant, par soucis d’équilibre esthétique.
  • Le 6ème et dernier étage est quant à lui habité par les domestiques puisqu’il s’agit de chambres de bonnes et appartements de service.

On retiendra que plus on monte les étages, moins la façade est travaillée… La gradation esthétique dépend de la gradation sociale.

 

Façade d'un immeuble haussmannien à Paris, France

 

Les immeubles haussmanniens représentent aujourd’hui 60% des immeubles de Paris… C’est dire si ce fut un projet d’envergure !
Mais les architectes n’ont pas tardé à faire entendre leur mécontentement… Leur talent étant complètement bridé par un une réglementation draconienne, ils se rattrapèrent dès 1880 avec l’émergence d’un courant bien plus libre, l’Art Nouveau.

 


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