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10.10.19 Toute la vérité sur la légende du Parc de la Tête d’or !

Toute la vérité sur la légende du Parc de la Tête d’or !

Si les Lyonnais sont si fiers de leur Parc de la Tête d’Or, ce n’est pas sans raison. Cet espace vert, le plus grand parc urbain de France, est une fantastique bulle d’oxygène au milieu de l’incessante agitation de la cité des Gones. Que l’on soit Lyonnais ou simple touriste, une promenade dans le Parc de la Tête d’Or ne laisse jamais indifférent. On est toujours marqué par la richesse du lieu : des milliers d’essences végétales, une centaine d’espèces animales et un patrimoine inestimable. Mais s’est-on déjà demandé d’où venait son nom, « la Tête d’Or » ? La Vie en Pierre s’est penchée sur ce drôle de nom et fait toute la lumière…

La naissance du « poumon vert » de la ville de Lyon

 

Aujourd’hui, quel Lyonnais n’a jamais foulé les allées du parc de la Tête d’Or ? Qui ne se souvient pas d’une promenade en rosalie, d’un footing autour du lac, d’une visite des serres en famille ou d’une rencontre avec les girafes, flamants roses et autres singes du parc animalier ? Au début du 19e siècle, les responsables de sa création étaient encore loin d’imaginer un tel succès populaire. Mais à l’époque, alors que la mairie de Lyon réfléchit à un projet de parc public, nous sommes déjà en plein courant hygiéniste. On considère alors que les villes doivent être propres et que les citadins doivent pouvoir respirer du « bon air ». Le sénateur-maire Claude-Marius Vaïsse voulait « offrir un jardin aux Lyonnais qui n’en ont pas ». Avec le récent souvenir de la révolte des Canuts, les travaux de construction du parc sont aussi l’occasion de créer des emplois et d’éviter de nouveaux mouvements sociaux. Le chantier débute donc finalement en 1856 avec les paysagistes Denis et Eugène Bühler. Les travaux menés sur des zones marécageuses régulièrement inondées se termineront 5 ans plus tard.

 

Le parc abriterait-il un précieux trésor ?

 

Dès l’édification du parc, une mystérieuse histoire commence à circuler à son propos. Son nom va très vite alimenter toutes sortes de rumeurs. Au fil des siècles, deux versions de l’histoire de la tête d’or vont se transmettre et perdurer. La première daterait du 19e siècle. Entre les années 1850 et 1860, au moment de la création du parc, la propriété appartenait à la famille Lambert et se nommait déjà « Tête d’or » en raison d’une légende ancienne. Celle-ci voudrait que des barbares ou des croisés aient dissimulé un trésor, composé de pièces d’or et autres joailleries, sur les terres de ce domaine. Parmi les pièces, l’une d’elles arborait, sur l’une de ses faces, le visage du Christ. Une autre version veut qu’en 1855, une voyante ait été engagée par la ville pour retrouver le précieux vestige. Avec l’aide de ses pouvoirs mystiques, elle serait parvenue à donner des indications quant au lieu où se serait trouvé la légendaire figure. Mais, malgré d’importants travaux de déblaiement et la fouille du lac, on ne trouva finalement aucune trace du trésor.

 

 

Quand le mystère devient légende

 

Par la suite ces différentes histoires évoluent pour donner corps à une légende pleine de magie. Dans les années 1830, les Canuts, ces ouvriers du quartier de la Croix-Rousse, s’insurgent contre leurs faibles revenus. Ayant pris la ville, les Canuts finissent par former, avec la garde nationale, un comité insurrectionnel. Mais les troupes du roi Louis-Philippe remettent bon ordre et obligent les Canuts à venir participer aux travaux de déblaiement préparant à la construction du parc de la Tête d’Or. Munis de pelles et de pioches, tous ont l’espoir de trouver un jour le fameux trésor du Domaine de la Tête d’Or. Et un jour, selon la légende, l’un d’entre eux butte sur un bloc et voit apparaître la tête du Christ ! On raconte que les Canuts, avides de richesse, se disputent le butin et s’empoignent devant le visage impassible de la Tête d’Or. Ecœurée d’assister à un tel spectacle, la tête du Christ se serait mise à pleurer. Une larme aurait coulé le long de son visage et serait tombée pour se transformer en un gigantesque lac. Voici comment est née l’histoire mythique du lac de la Tête d’Or. Bien loin de la réalité d’un lac alimenté par les eaux du Rhône !

 

Trésor ou patrimoine : la pierre au cœur du site

 

A ce jour, personne n’a encore réussi à lever le voile qui entoure l’énigme de la Tête d’Or. Si l’idée vous vient, à votre tour, de partir à la recherche de ce trésor, pièce rare, buste ou masque doré, suivez votre instinct et rendez-vous au parc de la Tête d’Or. Mais surtout profitez-en pour découvrir ou redécouvrir un patrimoine qui lui, c’est certain, est bien réel. Commencez par admirer ses portes et particulièrement l’entrée principale, la porte des Enfants du Rhône, avec ses 32 mètres de longs et sa grille qui prend ancrage sur deux magnifiques pylônes en pierre de Villebois. Ne manquez pas non plus l’Orangerie. Ce fût au 19e l’une des premières serres en pierre. Elle fût transportée pierre par pierre depuis l’ancien jardin botanique de la Croix-Rousse pour être reconstruite dans le parc de la Tête d’Or. Nombreuses sont également les statues de pierre qui au détour d’une allée vous donneront sans doute un petit cours d’histoire. Le lieu met aussi le patrimoine sportif à l’honneur. Peut-être aurez-vous en effet l’occasion de longer le vélodrome. La piste cyclable en béton, d’une longueur de 333,33 mètres, avec des virages inclinés à 43°, est homologuée par l’Union cycliste internationale. Pas d’or donc mais de belles pépites !

Vous ne le saviez peut-être pas mais…

 

- Le Parc de la Tête d’Or a été créé la même année que le fameux Central Park de New-York.

- Le Parc de la Tête d’Or, avec ses 117 hectares de superficie, est le plus grand parc urbain de France.

- Le lac de la Tête d’Or mesure environ 16 hectares.

- Environ 15 000 plantes et 9 000 arbres sont répertoriés dans le Jardin botanique du Parc de la Tête d’Or.

- Le parc renferme plus de 6 500 m2 de serres dans lesquelles sont préservées des milliers d’espèces de plantes.

- 4 roseraies s’étendent sur une superficie de 5 hectares.

- Un parc zoologique de près de 3 hectares accueille une centaine d’espèces animales différentes.

- Chaque année, le Parc de la Tête d’Or reçoit environ 3 millions de visiteurs.

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